Le CEP FUTUR vous propose de partager le maximum de connaissances au sujet des psychédéliques et de leurs applications aussi diverses soient-elles.
Il faut que je lutte contre moi-même. Il faut que je me haïsse pour recommencer à m'aimer. Il faut que je me vomisse pour avoir de nouveau envie de me consommer. Je voudrais rêver en continu de mon âme, si délicate, si cristalline, si parfaite, je voudrais me voir m'embraser, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que mes cendres, et recommencer.
Sous mon crâne se battent dans une gigantesque orgie de lames de rasoir des milliards d'éclats de verre qui prétendent tous à la suprématie. Je voudrais ne plus faire qu'un, me brûler la gueule tant et tant et tant que tout cela redeviendrait un gigantesque plasma originel, un tas de particules élémentaires tournoyant sur elles-mêmes à des milliards de degrés, refaisant et défaisant leur unité à chaque millionième de seconde.
J'ai cru à un moment à l'existence d'un Dieu quelconque, qui communiquait avec moi -- qui s'exprimait à travers moi. Et sans m'en rendre compte je Lui ai barré la route. Mes intuitions se sont tues, ma Vérité la plus Grande a fermé sa gueule, et j'ai enfermé ma sous-vérité dans une autre coquille de noix subatomique, et encore, et encore, j'ai rajouté des écorces de plus en plus épaisses, jusqu'à ce que ma Lumière Fondamentale ne puisse plus montrer le bout de son nez. Et maintenant, qui suis-je pour faire marche arrière ?
Je n'ai pas les armes. Je suis beaucoup trop faible pour tout cela.
Ou bien non. Pourquoi ne pourrais-je pas virer tout cela ?
Parce que ce "tout cela" est le chemin de toute une vie. Parce que je ne suis que le cocréateur de ma misère.
Parce que j'étouffe, je suffoque, et je ploie sous mon propre poids.
Il n'y a que le Néant de leurs psycholytiques qui m'empêche de me haïr, en m'empêchant de me sentir coupable. Je me regarde de l'extérieur de moi-même, et je voudrais me vomir mais je ne peux pas.
Je veux que l'effet de cette merde redescende. Je veux ressentir à nouveau le flux et le reflux de mes propres émotions. Je veux me purifier par la souffrance. Est-ce trop demander à ces fantômes à seringue qui jettent leurs yeux sur moi comme on cracherait sur un condamné à mort ?
Il est quatorze heures cinquante.
Je regarde ma dépouille mortelle, en attendant impatiemment qu'elle revienne à la vie.