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Au-delà du sempiternel débat entre drogues dures et drogues douces, des chercheurs norvégiens viennent de montrer que la prise à petites doses de LSD (acide lysergique diéthylamide), un psychotrope hallucinogène puissant, permettrait de venir en aide aux personnes dépendantes à l’alcool en les sevrant. C’est ce que révèle une étude qui vient d’être publiée dans le Journal of Psychopharmacology.
Véritable problème de société et de santé, la consommation d’alcool en France est un phénomène culturel qui toucherait plus de 5 millions de personnes. Avec, chaque année, plus de 45 000 décès liés directement ou indirectement à la prise de boissons alcoolisées, l’alcoolisme est la seconde cause de mortalité évitable. Afin d’enrayer ce fléau et de venir en aide aux personnes dépendantes à l’alcool, de nombreux travaux de recherche sont en cours et certains spécialistes y vont de leurs recettes miracles. Dernièrement, un myorelaxant, le Baclofène, aurait permis à certains alcooliques de devenir sobre. C’est en tout cas ce qu’affirme le cardiologue Olivier Ameisen qui a cessé de boire après avoir pris ce médicament. Toutefois, cette approche fait polémique au sein même de la communauté scientifique.
La méthode découverte par Teri Krebs et Pal-Orjan Johansen, deux chercheurs de la Norwegian University of Science and Technology (NTNU) et de la Harvard Medical School, devrait faire autant de bruit, si ce n’est plus. En effet, ces derniers ont montré que, pris à petite dose, le LSD pourrait permettre de sevrer des personnes atteintes de dépendance à l'alcool. C’est ce qui ressort de l’article qui vient d’être publié dans le Journal of Psychopharmacology, une méta-analyse de six études menées il y a une quarantaine d’années dans les communautés hippies.
Si, lors de sa découverte en 1938, le psychotrope LSD a suscité de nombreux espoirs dans l’univers scientifique et médical, les chercheurs se sont très vite rendu compte de ses effets néfastes sur la santé. Dès lors, ce dernier est devenu un produit illicite. Les travaux de Teri Krebs et Pal-Orjan Johansen ont montré que 59 % des patients alcooliques prenant des doses individuelles de LSD ont vu leur consommation de boissons alcoolisées se réduire considérablement en moins d’un mois. D’après les chercheurs, le meilleur moyen d’arrêter de boire est de modifier l’image que l’on a de soi, ce à quoi le LSD pourrait aider.
Si la méthode a porté ses fruits, Teri Krebs et Pal-Orjan Johansen estiment toutefois qu’il faut rester prudent, car on ne connaît pas les conséquences d’un tel traitement sur le long terme... Pour l’instant, aucun essai clinique à base de LSD n’est en vue…